 A l’ombre de sa petite église burgonde située probablement dans le secteur de Vernod (si on en juge d’après la présence de nécropoles en ces lieux), Poisy a vécu toutes les vicissitudes des différentes invasions.
L’élevage était la principale occupation des paysans ainsi que la chasse. Comme partout ailleurs, les moines investirent le site pour apporter aide aux nécessiteux et aux malades (les Maladières).
Ils apportèrent aussi leurs méthodes de culture. De paysan, on devint laboureur. Le travail de la terre consistait dans la culture des légumes (fèves, pois secs et blés, avoine, orge, froment).
On cultivait l’œillette pour produire l’huile nécessaire pour la table et les lampes, le chanvre (Les Chenevières) pour la confection des cordes, draps et habits.
Les paysans apprirent la manière de soigner les abeilles pour le miel et la cire nécessaire aux chandelles. Les moines créèrent une véritable émulation… Le bail emphytéotique (de longue durée) apporta la garantie de la jouissance de la terre aux paysans ainsi qu’à leurs enfants. Au XIIe siècle, un prieuré s’installa à Poisy. En 1404, décision pontificale, ce prieuré passa sous la dépendance des chanoines de l’Abbaye d’Entremont-en-Bornes. Le 13 avril 1645, l’Abbé Marc-Antoine de Granery, de l’Abbaye d’Entremont, prend possession du prieuré de Poisy.
De 1666 à 1672, il entreprend la restauration de cinq bâtiments. Nous pouvons voir, encore aujourd’hui, sur la porte d’entrée du presbytère les armoiries de l’Abbé de Granery. Elles sont “d’azur à la fasce d’or ayant en chef un château donjonné de trois tours crénelées d’or, surmontées de la couronne de Comte, de la crosse et de la mitre, le tout ouvert et maçonné de gueules, et en pointe, trois épis arrachés et appointés d’or, issant d’une motte en pointe de même”, avec la devise : “UT SERES, METES” : “Comme tu sèmes, tu récoltes”. De cette longue période subsistent seulement le clocher de l’époque romane et deux vitraux classés de l’époque médiévale qui représentent, l’un, à gauche du chœur, Notre Dame, celui de droite, Saint Martin, patron du prieuré et maintenant de la paroisse. Ils témoignent de la qualité de l’art des verriers à la fin du Moyen-Age. |